mercredi 11 mai 2011

« Le monde ne commence pas avec soi. Couper ses racines pour mieux s’épanouir est le geste idiot d’un idiot. Il n’y a pas d’imagination sans mémoire », c’est avec ces mots de François Mitterrand que Stéphane BIZEAU a accueilli les sympathisants et les militants socialiste qui se sont réuni le 10 mai 2011pour commémorer ensemble le 30é anniversaire de la gauche.


Au soir du 10 mai 1981, recueillant plus de quinze millions de voix, François Mitterrand est élu président de la République avec 51,76 % des voix. Il apprend la nouvelle à Château-Chinon, d’où il s’exprime dans la soirée : « Cette victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de création, des forces du renouveau qui se sont rassemblées dans un grand élan national pour l’emploi, la paix, la liberté, thèmes qui furent ceux de ma campagne présidentielle et qui demeureront ceux de mon septennat. » Place de la Bastille, sous la pluie, le peuple de gauche s’est réuni.

Le 21 mai 1981, François Mitterrand désigne Pierre Mauroy comme Premier ministre et dissout l’Assemblée.

Dans ces 2 septennats, la liste des lois, décrets et autres décisions est impressionnante. Un véritable catalogue à la Prévert ! :

· la fin du délit d’homosexualité,
· huit ans après la loi Veil –, le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale est promulgué,
· c’est l’abolition de la peine de mort qui intervient le 9 octobre 1981,
· la décentralisation,
§ la Semaine de 39 heures (durée légale du travail),
§ La 5e semaine de congés payés,
· les minima sociaux sont revalorisés,
· l’instauration de l’impôt sur les grandes fortunes,
· la retraite à 60 ans,
· les lois Auroux – du nom du ministre du Travail – améliorent les droits des salariés et renforcent le dialogue social dans l’entreprise,
· la Loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises,
§ La ratification de la Convention européenne des droits de l'homme, qui interdit notamment le rétablissement de la peine de mort,
§ Les zones d’éducations prioritaires,
§ Les lois contre les cumuls des mandats,
§ Le R.M.I.,
§ La C.S.G.,

Et de nombreuses autres.


De plus François Mitterrand fait de la culture une priorité :

·  La « Fête de la musique »,
·  Le prix unique du livre et du disque,
·  La loi sur les radios libres,
·  Les grandes réformes de l’audiovisuel, etc.

Et dès 1982 débutent les grands travaux :

·  L’Opéra Bastille,
·  La Villette,
·  Le Grand Louvre,
·  La grande Arche de la Défense,
·  L’Institut du Monde arabe,
·  La Bibliothèque nationale de France, qui porte aujourd’hui le nom de l’ancien Président.


Président de la République, François Mitterrand fait de la politique extérieure son domaine réservé, comme c’est l’usage sous la Ve République. Pendant quatorze ans, il incarne le pays sur la scène internationale.

Ainsi, son action internationale transparaît ainsi dans son engagement personnel dans les grandes négociations multilatérales de son temps : désarmement, développement, environnement, commerce, droit international. Sous son autorité, la France a signé un grand nombre de traités bilatéraux ou internationaux qui, à bien des égards, ont réorganisé les relations internationales de l’Hexagone.

En avril 1995, alors que son 2éme septennat se termine précisera : « En politique, on ne peut jamais être satisfait de ce que l’on fait. […] On sait que l’on n’ira pas jusqu’au point désiré quand on avait quinze ans et que l’on rêvait. »

François Mitterrand décède à Paris le 8 janvier 1996. La nation entière lui rend hommage.

L’action intérieure des différents gouvernements socialistes ne fait plus aucun doute. Elle a profondément transformé la société française dont toutes les structures ont été réformées.
À l’extérieur, on retient l’engagement du Président en faveur de la construction européenne et la façon dont il a su, alors que le monde changeait, faire valoir les intérêts de son pays. Bref, l’œuvre politique est considérable.

François Mitterrand fut aussi le Président d’une gauche qu’il porta au pouvoir. À son contact, cette dernière comprit qu’il lui fallait réformer mais aussi assumer ses propres choix. Le bilan social des deux septennats reste cependant décevant au regard des ambitions affichées, malgré l’importance de l’action entreprise. S’adressant aux Français à l’occasion de son dernier 14 juillet à l’Élysée, en 1994, François Mitterrand confiait ses « regrets de n’avoir pu réduire autant qu’[il] l’aurait voulu les inégalités sociales ».
Quoi qu’il en soit, François Mitterrand demeure une figure immense de l’histoire du socialisme français et, au-delà, de toute une nation.

Il nous appartient de nous rattacher à nos racines pour nous épanouir et imaginer la France de demain. La France de 2012.

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